Gros scandale pour la délivrance de l'agrément de l'exportation de la vanille

  • jeudi, 10 octobre 2019 09:43
  • Tigre
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Sur les 207 demandes, l'Etat n'a délivré que 109 agréments dont 33 nouveaux exportateurs. Ils ont justifié l'élimination de presque la moitié des anciens exportateurs pour le besoin de professionnaliser la filière.

Cependant, parmi ces 109 exportateurs nouvellement agréés, plus de la moitié sont inconnus dans le monde de la vanille, ils n'ont pas d'employés, pas de magasins, de surcroît pas dans les normes imposées par la loi et la pratique de l'exploitation de la vanille, qui avant tout est une denrée alimentaire très sensible et normalisée au niveau mondial.

Il y a beaucoup qui achètent de la vanille dans des chambres d'hôtels, alors que c'est un des critères majeurs pour l'obtention de cet agrément d'exportation, le respect scrupuleux de ces exigences.

Et à côté de cela, ils ont éliminé sans explications des acteurs de la vanille qui sont installés depuis des décennies dans les régions productrices, qui ont des infrastructures visibles, qui ont investi énormément pour se mettre aux normes selon la demande des clients extérieurs, qui emploient des centaines de main d'œuvre toute l'année et qui font vivre l'économie de toute une région, voire pour tout le pays.

Personne au sein du ministère concerné n'était capable de donner les raisons exactes, cas par cas de ce refus d'agrément. Normalement, le ministère est censé protéger et aider ses acteurs économiques en les formant à corriger leurs lacunes, si lacunes il y a, et de donner les raisons de refus si l'opérateur ne remplissent vraiment pas les critères.

Parmi ces exportateurs éliminés, beaucoup ont déjà investi en achetant de la vanille car la campagne a déjà commencé depuis le mois de juillet. Beaucoup ont déjà signé des contrats qu'ils doivent honorer dans quelques semaines. Et beaucoup ont déjà reçu des financements.

Est-ce que l'Etat va acheter leurs produits?
Est-ce que l'Etat va payer les préjudices des clients qui ne seront pas livrés?
Est-ce que l'Etat va embaucher ces employés qui seront au chômage?

D'ailleurs, selon l'arrêté ministériel N° 35 255/2013 dans son Article 24: l'agrément doit être délivré par la Direction Régionale du Commerce (DRC) et non par le ministère. Il y a donc abus de pouvoir?

Comment pourrait-on mettre annuellement une incertitude de pouvoir continuer son métier d'exportateur, si tous les ans, les vrais opérateurs exportateurs de la région, qui plus est, le levier de rentrée de devise du pays, qui assurera la stabilité de la monnaie Malagasy, se font toujours balayer de la liste, alors que les prêts bancaires, les investissements sont faits pour 15 voire 20 ans et plus.

Madagascar est déjà dépassé par d'autres pays et a perdu sa première place mondiale pour la filière vanille, et maintenant, l’administration centrale veut encore mettre à genoux la filière et les bénéficiaires, les producteurs, les préparateurs, les exportateurs, les transporteurs et toutes les filières induites.

Les autorités de la région de la SAVA, première région productrice de la vanille, chef de région, Prcp Vanille Sava, CCI Antalaha et le Drive Sava, se joignent aux opérateurs pour demander à Madame le ministre du commerce de réviser ces demandes d'agrément rejetées et de sortir avant l'ouverture de l'exportation ce 15 octobre 2019 une seconde liste dans laquelle les vrais exportateurs auront leurs places légitimes.

 

 

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