Les îles malagasy sous silence ?

  • mercredi, 11 décembre 2019 22:08
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La rencontre entre les deux anciens présidents Marc Ravalomanana et Hery Martial Rajaonarimampianina le weekend dernier (7 décembre) continue d’alimenter les conversations et les spéculations dans le microcosme politique malagasy.

Qui peut imaginer qu’en moins d’un an après les élections présidentielles de 2018, ces anciens rivaux se rencontreront à …Paris ! Personne n’a oublié les évènements d’avril 2018 sur la place du 13 mai ! Et on se serre la main comme rien ne s’est passé. On se souvient encore que le président sortant Hery Rajaonarimampianina, après sa cuisante défaite dès le 1er tour n’a donné aucun consigne de vote pour ses partisans du Hery Vaovao ho an’i Madagasikara (HVM).

Et si on remonte plus loin, tous les Malagasy se souviennent qu’au cours de son retour « clandestin » à Madagascar en 2014, Marc Ravalomanana a été envoyé en « quarantaine » à Antsiranana par le président d’alors…Hery Rajaonarimampianina. Alors pourquoi cette rencontre « subite » dans la capitale française ? De plus suite à leur 2ème rencontre parisienne, les deux anciens présidents ont publié un communiqué conjoint le 10 décembre d’après.

Dans ce communiqué les deux ex-chefs d‘Etat ont confirmé leur entrevue axée sur la « conjoncture actuelle à Madagascar » en mettant l’accent sur les manquements durant les dernières élections municipales, en accusant l’administration actuelle, la CENI et ses branches de « violations répétées de la Constitution et des textes régissant les élections ».

Ils expriment ainsi « leur inquiétude par rapport à l’évolution de la situation actuelle ». Les deux perdants de l’élection présidentielle de l’année dernière, pour la première fois sont revenus sur cette échéance et déclarent qu’ils « ont opté pour la tolérance en 2018 afin d’assurer un climat d’apaisement et permettre au nouveau régime de commencer les actions de développement, on constate les violations des lois électorales: manipulations des listes électorales, utilisation de fausses cartes d‘identité nationale, les nombreuses fraudes relevées durant les élections communales, des requêtes ont été déposées auprès des juridictions compétentes ».

Ainsi, ils « dénoncent les cas d‘illégalités et le non respect des droits fondamentaux du peuple malagasy en cette journée internationale des droits de l’homme». Ils affirment « leur confiance en la Justice afin de faire régner la vérité pour que la nation soit un Etat de droit ».

Enfin, ils lancent « un appel à tous les citoyens malagasy de faire preuve de solidarité et de prioriser les intérêts supérieurs de la Nation. La réconciliation nationale est nécessaire pour lancer le développement du pays ».

Si on lit entre les lignes, les deux ex n’ont pas été battus mais choisi de se taire pour éviter les affrontements, mais un petit rappel s’impose Hery Rajaonarimampianina n’a obtenu qu’environ 8% des voix exprimées, alors qu’il a été le président « démissionnaire » en exercice.

Et au 2nd tour, Marc Ravlomanana a été distancé de plus d’un ½ million de voix par Andry Nirina Rajoelina, alors pourquoi ne pas contester à l’époque, n’est-ce pas le HVM qui a nommé le président de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC)? Tout le monde sait le cinéma autour des élections à Madagascar, comme en Afrique et même ailleurs dans le monde à l’exception de l’Amérique du nord et l’Union Européenne, quoique des anomalies comme les chaussettes bourrées de bulletin et machines à voter qui sont suspects.

Que cache cette déclaration ? Les partisans du TIM n’ont-ils pas lancé un appel à descendre dans la rue pour contester les résultats du scrutin communal ? Pour le moment le calme règne après que la CENI a proclamé les résultats des élections qui ont vu le TIM perdre la Mairie de la Capitale au profit du candidat du pouvoir.

Pourquoi après un an de mutisme Hery Martial Rajaonarimampianina, revenu à son métier d’enseignant, revient au devant de la scène ? Les deux ex sont-ils influencés par certains politiques, sans les nommer, actuellement en exil à l’extérieur, plus particulièrement en France, qui veulent « renverser à tout prix le régime Andry Rajoelina », le tout à travers des guerres de mots dans les réseaux sociaux.

HCJ es-tu là?

L'Assemblée nationale vient de nommer les membres qui vont siéger au sein de la La Haute Cour de Justice (HCJ), qui vont bientôt être opérationnelle, compétente pour les affaires concernant les anciens présidents, les ministres et députés. L'actuel président, on le sait a aussi un dossier pendant sur les bois de rose sur la table du bureau permanent de la chambre basse, mais comme la majorité des députés sont d’obédience orange, le dit dossier sera mis certainement aux oubliettes, voire dans la poubelle.

Mais la principale question est : pourquoi la rencontre des deux ex à Paris ?

Rajaonarimampianina vit et travaille au Canada, et Ravalomanana a son domicile à Faravohitra - Antananarivo. Ils ont pu se rencontrer aux Etats-Unis ou encore en Afrique du sud, à moins que l’un d’entre eux y soit interdit de séjour ? Pourquoi pas Londres ? Mais…Paris au moment où à Madagascar se tient une concertation nationale sur les Îles Malagasy, un vieux litige entre Antananarivo et …Paris.

Ravalomanana n’a jamais parlé de ces îles durant son idylle avec feu Chirac, et Rajaonarimampianina n’a fait qu’une petite allusion sur cette question en parlant de cogestion.

Pendant ce temps et surtout ces dernières semaines le Président français Emmanuel Macron n’a de cesse de répéter à qui veut l’entendre que ces îles appartiennent à la France. Et comme par hasard, les îles Malagasy ne figurent point dans le communiqué fait à Paris.

Simple coïncidence ou des personnes sont-elles derrière cette rencontre au « sommet » ? Y-a-t-il anguille sous roche ? Qui vivra verra.

Anonymous

 

 

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