Restitution des Îles malagasy: un test pour le patriotisme malagasy

  • lundi, 16 décembre 2019 17:37
  • Anonymous
  • Photo Archives Conférence CCI Ivato

Au sens figuré, l'analogie est un processus de pensée qui consiste à remarquer une similitude entre deux choses, de nature ou de classe différente. Si la comparaison porte sur deux choses ou personnes de même type, il s'agit d'une ressemblance (ex : entre deux personnes), alors que si elles sont de classe différente, il s'agit d'une analogie, exemple dire de quelqu'un qu' "il est rusé comme un renard".

En rhétorique, une analogie explicite est une comparaison, et une analogie implicite est une métaphore. Le raisonnement par analogie est une forme particulière de raisonnement inductif (remonter du cas singulier au cas général ou de l’expérience à la théorie).

Donc le raisonnement par analogie s’appuie sur une analogie/ressemblance, une association d'idées entre deux situations, par exemple passée/présente, connue/inconnue, etc., à procéder à une comparaison et à aboutir à une conclusion en appliquant à la 2ème situation une caractéristique de la première.

Dans nos trois colonnes intitulées « leçon d’histoire pour les patriotes malagasy » nous avons cité le Vietnam, l’Indonésie et la Birmanie comme exemple, car avec Madagascar ces trois pays ont connu la colonisation occidentale. Le Vietnam a été dominé par la France (comme nous), l’Indonésie par la Hollande, et la Birmanie par l’Angleterre, seule la durée de l’occupation a été différente.

Des ressemblances aux conséquences contraires

Les trois pays d’Asie ont connu la conquête japonaise qui a éliminé militairement l’occupant colonial (français, hollandais et britannique) et même si la durée n’a guère excédé trois ans (1942-1945) au plus quatre pour l’Indochine (Vietnam) entre 1941-1945, et en 1945 ils ont tous connu des « déclarations d’Indépendance » avec ou sans l’appui de l’empire japonais qui était sur la voie de la défaite.

Ces déclarations ont été suivies, dans deux de ces pays, Vietnam et Indonésie, de guerres de libération nationale, 30 ans pour le Vietnam (1945-1975), et quatre ans pour l’Indonésie (1945-1949), seule la Birmanie n’a pas connu de guerre car l’Angleterre a évité une guerre, mais elle a été complice quelque part des insurrections des minorités qui existent jusqu’à nos jours avec le cas des Rohyingas.

Malgré les difficultés affrontées, ces trois pays ont connu des développements conséquents.

Occupé par la France durant 65 ans, Madagascar a connu une occupation militaire anglaise. La Grande-Bretagne voulait barrer la route à la marine impériale japonaise qui, en collaboration avec l’Allemagne d’Hitler, cherchait à couper l’approvisionnement de pétrole de l’Angleterre du Golfe persique en passant par la route du Cap.

D’où l’opération Ironclad (cuirassé) pour contrôler Madagascar aux mains de la France de Vichy, non averti le général de Gaulle et la France Libre énonçaient cette conquête de Madagascar en mai 1942.

Mais un évènement que peu de Malagasy savaient c’est que le commandant en chef du Commandement britannique de l'Afrique de l'Est a proposé au chef de file des patriotes malagasy de prendre le pouvoir politique, mais ce dernier a catégoriquement refusé.

Car contrairement à ce qui est publiquement connu, la division de l’Afrique à la conférence de Berlin (1884-1885), il existait encore à cette époque un vieux litige fait de rancœur et de jalousie entre Anglais et Français concernant le contrôle de Madagascar.

N’oublions jamais que malgré la partition vieille en ce moment de 57 ans, les Anglais ont tenté d’envoyer des mercenaires pour aider l’Armée royale malagasy en 1894, pour arrêter la prise de Madagascar par les Français ! Mais le Premier Ministre Rainilaiarivony a refusé catégoriquement et renvoyé ces soldats.

Face au comportement de Charles de Gaulle, le Pm Winston Churchill se méfiait de la France Libre, surtout au début des années 1940, donc les Français libres ne sont pas tenu au courant de l‘opération, et les Anglais voulaient remettre le pouvoir aux patriotes malagasy !

Comme ont procédé les Japonais en Asie du sud-est, mais devant le refus des Malagasy, les Britanniques ont remis finalement le pouvoir aux forces de la France libre dès 1943, donc Madagascar est redevenu une colonie française !

1ère différence et 1er couac dans notre route vers l’indépendance.

Quatre ans plus tard (1947), alors que les trois pays asiatiques faisaient face à la tentative de reconquête coloniale, leurs patriotes surent exploiter la géopolitique de leur époque, le Vietnam a choisi le giron communiste, l’Indonésie via les Philippines, utilisa les canaux américains et onusiens, et la Birmanie s’adossa à l’Inde au moment où ce dernier acquit sa liberté.

Les résultats sont là, la Birmanie et l’Indonésie sont libres en 1948 et 1949, alors que le Vietnam l’a été en 1955 et confirmé par la réunification en 1975.

Ayant la même trajectoire de lutte patriotique que ces trois pays, et ce depuis 1915, avec la VVS, le Budi Utomo en Indonésie, révolte des gardes indigènes au Vietnam et en 1929, Jean Ralaimongo chez nous, Pemuda et islamistes en Indonésie et naissance du mouvement patriotique birman, les résultats ne sont point les mêmes. Pourquoi ?

Le refus catégorique de la lutte armée par nos patriotes, tous les prétextes sont trouvés: pas de matériels, pas d’aide extérieure,… et surtout l’isolement international de nos mouvements. En 1947 le MDRM,en rupture avec le mouvement communiste n’a pas su trouver d’autre alternatif par exemple avec l’Inde, le Pakistan et pourquoi ne pas se rabibocher avec l’URSS directement, le Vietminh n’est jamais passé par le parti Communiste Français (PCF)?

Finalement Madagascar s’est aligné avec les pays africains, en obtenant une indépendance « donnée » dans les années 1960, et au lieu de forger sa nation dans une lutte de libération nationale, comme dans les pays asiatiques, nous voilà confronter aux misères et turpitudes des nations « artificielles » d’Afrique sub-sahariennes.

Îles malagasy: défi ultime

« Le président de la République appelle tous les Malagasy à dépasser le clivage politique, ethnique et religieux, et exhorte le renforcement de l’unité et de la solidarité » tel est le message publié par le président Andry Rajoelina à la clôture des trois jours de Concertation Nationale sur les Îles malagasy au Centre de Conférence Internationale d’Ivato (CCI).

En effet, ces îlots font partie de la Zone Economique Exclusive Malagasy qui s’étend, comme la loi internationale l’exige, à 200 milles marin ou 370,4 km, car les îles Glorieuses se trouvent à 200 km du cap d’Ambre (Babaomby), Europa à 300 km, et Bassa de India à 380 km de nos côtes, donc dans le droit international ils sont malagasy !

Le 1er pas pour leur retour a été fait par la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies 34/91 de décembre 1979, mais comme cette dernière n’est pas contraignante, elle n’a pas été suivie d’effet. Bien au contraire la France a inscrit ces îles parmi les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) par une loi n° 2007-224 du 21 février 2007, donc ces îles font partie désormais de …l’Union Européenne !

Les déclarations récentes du président Emmanuel Macron ne sont pas là pour arranger les choses, ce qui a été démontré par la rencontre de novembre dernier par la commission mixte franco-malagasy qui n’a rien donné. La France n’est pas prête à lâcher ses « poules aux yeux d‘or » malgré ses déclamations sur l’environnement afin d’amadouer tout le monde.

Alors avec cette « concertation nationale », y-aura-t-il une nouvelle méthode d’approche pour récupérer nos territoires ultramarins ? Communications et lobbyings, mais comment ?

« J’ai combattu seul. Cuba et la Lybie étaient prêts à nous aider, mais nous-mêmes étaient englués dans des rivalités internes » déclara un peu amer l’ancien président Didier Ratsiraka, le 1er a réclamé ces îlots, et à l’origine avec la délégation dirigée par Raymond Ranjeva de la résolution onusienne.

Mais tout ce tapage fera-t-elle plier la France, rien n’est sûre, on s’engage dans un dialogue de sourd, d’autant plus comme l’indique l’administration actuelle « il est impossible d’aller faire la guerre pour ces territoires », oui c’est vrai, donc on verra la suite si les Malagasy sont capables de mener une lutte de longue haleine et ont une vraie cohésion dans l’endurance, mais pas seulement à faire du spectacle et du cinéma.

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