2019 : Une année de hauts et de bas pour les Malagasy

  • dimanche, 29 décembre 2019 12:54
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L’année 2019 a tout d’abord débuté par le retour au pouvoir d’Andry Nirina Rajoelina au pouvoir après 5 ans d’absence ou de retrait de la vie politique selon le point de vue de chacun.

Versatilité ou manipulation ?

A première vue ces présidentielles 2018 ont été marqués par une baisse significative du taux de participation (de 7,5%) par rapport aux précédentes de 2013. L’actuel Chef de l’Etat a été élu au 2nd tour par plus de 55% des suffrages exprimés face à son archi-rival Marc Ravalomanana qu’il a déjà renvoyé du pouvoir en 2009 !

Notons qu’au 2nd tour, le taux de participation n’a été que de 48,09% ! Beaucoup ont parlé de manipulation des résultats de la part d’une Commission Électorale Indépendante (CENI) acquise à la cause de Rajoelina.

N’oublions pas que la CENI est une institution faisant partie du paysage politico-administrative des Etats francophones, anciennement colonies françaises. Ainsi certains y voient la main de l’ancienne puissance tutélaire derrière cette victoire électorale !

Mais un autre angle de vue reste valable, celui de la « démocratie guidée », antithèse de la « démocratie libérale ».

Selon une chef d’Etat asiatique des années 60, le système représentatif repose sur la capacité des décideurs politiques à pointer du doigt souverain l’intérêt général en prenant de la hauteur face à la versatilité foncière du peuple.

La démocratie libérale est basée sur le conflit permanent, dans une certaine mesure, cela est vrai à l’image de ces grèves paralysant une partie de la France actuellement ou l’ingouvernabilité d’Israël depuis 1 an de cela ! Car parfois la liberté d’expression attise les passions, et le passé a du mal à se refermer en ouvrant la porte à des revanches à ne plus en finir.

Mais attention…nos hommes politiques tendent à calquer leurs choix sur les cycles électoraux et sur la part d’émotion propre aux opinions publiques. Dans cette "démocratie du public", les médias et les instituts d’opinion orientent les décisions gouvernementales dont les choix sont objectivés sous la forme de sondages.

Il semble pour le moment que l’actuelle administration, plus particulièrement l’entourage du président de la République, nous gouverne de cette façon, d’où ces spectacles et autres sans continuité permanente comme si on joue sur l’émotivité du public teinté de superficialité.

Le 27 mai dernier eurent lieu les élections législatives, avec un taux de participation toujours en baisse, entre 31- 40, 6%, on a vu la victoire de l’IRD pro-Rajoelina (84) sur le TIM (16), mais avec l’entrée massive des « indépendants » (46) à Tsimbazaza.

Notons que ces derniers sont le plus souvent des rejetés comme candidats de l’IRD ou du TIM ! Cette avalanche d’indépendants à la chambre basse note bien un choix très dispersé de ceux qui veulent encore venir aux urnes.

Les dernières élections municipales du 7 novembre, avec encore un taux de participations en chute libre, pas plus de 35 %, et des résultats fortement contestés dans plusieurs communes, avec pourtant un silence complice de la CENI. On attend en début d’année les résultats officiels délivrés par les Tribunaux Administratifs (TA).

Une chose est certaine la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) et TA ont toujours été du côté de l’administration en place afin de légitimer le pouvoir. Alors vit-on sous le régime de la « démocratie guidée » ? Donc les résultats sont « organisés » ? A chacun de voir, une chose est sûre l’exubérance de passion favorise l’instabilité politique.

Barea, une fête dans la brume

Pour sa 1ère participation à une Coupe d’Afrique des nations (CAN), Madagascar n’a trébuché qu’aux quarts de final face à la Tunisie, ainsi il est passé du 108ème place au 96ème de la FIFA, et de 25ème au 21ème pour la CAF.

Mais la majorité d’entre nous oublient qu’à un moment donné (2013), on était même à la 187ème place mondiale, juste avant certains petits archipels de l’Océanie. Que l’on veuille ou non, avant les joueurs ayant sué et joué sur le terrain, rendons d’abord hommage à l’actuel président de la Confédération Africaine de Football (CAF) Ahmad Ahmad, notre compatriote.

Il est malheureux de voir sur les réseaux sociaux et nos journaux colporter des choux gras sur les attaques sur sa personne, faits par des adversaires jaloux de sa présence au Caire. Sans ce président, il est difficile de penser à la présence d’une équipe de football malagasy sur la scène africaine même au …23ème siècle !!

A côté de lui, il a cet entraîneur français Nicolas Dupuis qui a su donner aux Barea cette cohésion technique, les rendant victorieux face au Nigeria !

Cet exploit n’est pas sans rappeler dans un autre domaine celui de la guerre la victoire de Farafaty (Toamasina) en 1883 face à la flotte française qui voulait déjà envahir notre pays. Sans Digby Willoughby, l’officier anglais, notre colonisation par l’Hexagone aurait été avancée de 12 ans.

Comme quoi pour nous il faut savoir mélanger chauvinisme, nationalisme et coopération extérieure si on veut arriver à un résultat conséquent. Les victoires des Barea, en plus d’un nouveau souffle pour notre football, donnent un air de fêtes, mais surtout d’espoir à notre nation plongée dans la brume de la misère.

La visite apostolique

Le pape a effectué une visite apostolique dans notre région en début septembre de cette année, ses déclarations ont suscité un certain espoir au sein de la population et a montré aux Malagasy les réussites de Père Pedro Opeka sur les réalisations d « Akamasoa » pour la réhabilitation des plus pauvres dans un pays gangrené par la misère et la corruption.

Iles Eparses: geste patriotique ?

Le 18 novembre dernier a eu lieu la 1ère rencontre au palais d’Andafiavaratra de la commission mixte franco-malgache sur les îles Eparses ou îles Malagasy. Pour le côté malagasy la question est « comment restituer ces îlots à l’Etat Malagasy selon les résolutions des Nations Unies 40 ans passés ? ». Du côté français, le président Macron déclara à quelques encablures d’Antsiranana qu’aux Glorieuses (un de ces îles revendiquées) « Ici c’est la France ».

S’agit-il donc d‘un dialogue de sourd ? Des rencontres pour la forme après la rencontre officielle entre les 2 présidents à Paris quelques mois plutôt ? L’avenir, c’est-à-dire 2020 nous le dira: est-ce un geste ou un cinéma patriotique ?

Crises des hydrocarbures ?

Un bras de fer existe entre l’administration Rajoelina et les sociétés de distribution pétrolières. Tout a commencé par la diminution des prix à la pompe, car sous l’administration précédente, ces compagnies ont pratiqué la « vérité des prix ».

La réalité est que les prix à la pompe ne correspondent point aux prix sur le marché et les Malagasy se sentent floués, et après un accord difficile à obtenir avec les pétroliers, l’Etat a obtenu une baisse de 100 Ariary à la pompe.

Mais avec les célébrations de fin d’année cette baisse n’est pas sentie sur les prix qui continuent d’augmenter ! Est-ce une malédiction ou une auto-malédiction pour nos dirigeants de ne pas exploiter nos hydrocarbures comme le font certains pays ? Ou attendons-nous une aide extérieure pour ces exploitations, aide qui ne viendra jamais ?

Tana Masoandro

Pour son "velirano" afin de construire une ville nouvelle, les tenants actuels du pouvoir veulent à tout prix remblayer les rizières d’Ambohitrimanjaka, et ce malgré la protestation des occupants des lieux, enfin pourquoi toujours remblayer le Betsimitatatra ?

Pour suivre les exemples donner par les prédécesseurs, Ampefiloha (fin colonisation) 67 ha (1ère République), … Ravalomanana, …et voilà Rajoelina ! Ce ne sont point les espaces qui manquent à Madagascar, pourquoi cette autodestruction ?

On parle bien d’extension des espaces rizicoles alors pourquoi détruire ce qui existe déjà ? N’est-il pas judicieux de trouver une solution afin d’augmenter la production de riz ?

Enfin, 2019 est sur le point de nous quitter, mais point les problèmes et la misère. Démocratie guidée ou pas, Barea et ses airs de fête, la visite papale, îles Malagasy éparses, hydrocarbures et exploitation par nous-mêmes de nos richesses minières, rizières d‘Ambohitrimanjaka sans oublier sempiternelle insécurité et les fuites de sujet d‘examen et surtout la corruption, les difficultés persistent et se suivent, et comme l’inflation, des prix elles augmentent de jours en jours et d‘années en années.

Sinon Bonne et Heureuse année 2020.

Anonymous

 

 

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